Avec mon aide,
écrivez votre récit de vie
Biographe, c’est le nouveau métier qui me colle à la peau. J’ai été journaliste avec passion et conviction pendant trente-cinq ans… et peu à peu avec des envies d’ailleurs. Je cherchais confusément le chemin de mon histoire. Je l’ai trouvé sur un sentier cheminant dans la pinède des Landes en direction de cet océan aux bienfaits merveilleux.
A l’écoute de mes sens, avec cette délicieuse odeur de pin aux narines, le goût salé de l’iode sur les lèvres, un ciel lumineux dans les yeux, la douceur du sable sur la peau et le tumulte des vagues en fond sonore.
Car le chemin de mon histoire, c’est le chemin de votre histoire. Intime, collective, faite de contradictions, de non-dits, de souffrances et de bonheurs parfois perdus en chemin, de relations aux autres et à soi qui font et défont la vie. Faites-vous confiance, faites-moi confiance, nous allons écrire ensemble la petite histoire dans la grande histoire.
« Un homme en colère(s) » retrace le parcours tout sauf linéaire d’un autodidacte, cofondateur du Salon du livre d’expression populaire d’Arras, éducateur spécialisé puis formateur en rupture, rompu à l’action militante radicale. Il s’est appuyé sur les récits de vie comme outil de formation et d’émancipation d’une situation d’illettrisme et dans la lutte des classes.
L’analyse « sociogénéalogique » du fils et petit-fils d’ouvriers sur son statut de « transclasse le cul entre deux chaises » est aussi touchante que pertinente.
L’enfance :
« En 1966, j’entre à l’école maternelle du quartier de Saint-Maurice (à La Rochelle). Le seul souvenir que j’en ai date du 15 mars. Je n’ai pas encore trois ans, on vient me chercher dans la cour pour m’expliquer que j’ai un petit frère. Je crois que je n’ai jamais supporté cette naissance.
On m’a raconté un épisode lors d’un voyage en voiture pour aller dans la famille. Mon père avait une Aronde, il ne roulait pas très vite. Il fumait, ça sentait le gasoil, je ne supportais pas ces odeurs, j’étais malade en voiture. Soudain, mon frère… est tombé dans un virage quand une porte arrière s’est ouverte. J’en suis venu à me demander si ce n’est pas moi qui l’ai ouverte. »
(…)
Quarante-six ans plus tard :
« Pour mon enquête généalogique du côté paternel, je pars avec peu d’éléments. Jadis, mon père m’a dit qu’on était issus d’une famille de pauvres paysans des Deux-Sèvres, près de Niort. Près de Saint-Maixent plus exactement. Mon grand-père, quant à lui, aurait habité dans le village de Geay, dans le nord des Deux-Sèvres, je ne savais pas trop bien le situer. Comme je suis fâché avec mes parents, il n’est pas question de leur demander quoi que ce soit. Cela me donne envie de chercher par moi-même. J’envoie des courriers aux services d’état civil des mairies mais ça ne donne rien. J’ai un déclic : je demande l’acte de décès de mon grand-père à la mairie de La Rochelle, où il est décédé. Un samedi matin, je reçois la réponse. J’ai mon fils avec moi, j’ouvre le courrier et je découvre le nom et le prénom de mon arrière-grand-père : il se prénommait Louis… comme mon fils ! Je me dis que c’est quand même une drôle de coïncidence, même si c’est un prénom répandu. J’ai un sentiment bizarre, comme si mes ancêtres guidaient mes pas. »